Lithographie

Corbel

Constantia

Consolas

Candara

Cambria

Calibri

Weg met de schreven

Schnellpresse.png

Lithographie

Sinds enkele maanden werkt in het MIAT te Gent een groep van 7 vrijwilligers aan de restauratie van een Duitse steendrukpers -- "Schnellpresse" staat erop, met nog enkele gebruiksaanwijzingen in DIN -- van rond 1900 (schatting Erik): Raf Stevens, Joke Werbrouck, Jos Pastijn, Sybrân Snoeck, Patrick Goossens, Erik Desmyter en ikzelf. Motivaties lopen uiteen: bezorgdheid om het patrimonium, interesse voor geschiedenis of mechanica, interesse voor grafische techniek. Om een indruk te schetsen van de sociale context van deze technologie heb ik hieronder enkele citaten overgenomen uit “1842-1952, Un Siècle de luttes syndicales” van Jean de Boë (ook: de Boe) voor de Centrale de l’Industrie du Livre, Syndicat Unifié du Livre et Papier de Bruxelles, Bruxelles, 1952.

Hulp bij het werk aan deze drukpers is overigens méér dan welkom.

(pp.89-90) “Une autre nouvelle technique graphique fait, à cette époque, son apparition en Belgique: la lithographie. Pour l’instant, ses applications ne s’étendent qu’à l’illustration, à la musique, à la gravure. Mais ses origines mêmes trahissent l’intention de se substituer à la typographie dans certains genres de travaux. Nous possédons des lithographies originales d’Eugène Verboeckhoven, imprimées par Degobert, en 1844, qui sont restées aussi belles et fraîches de tons qu’elles l’étaient au moment de leur exécution. Et pour les imprimeurs typographes une telle qualité d’exécution annonçait une redoutable concurrence.

Aloys Senefelder, inventeur de la lithographie, est né à Prague, en 1772. Son père était comédien à la cour de Munich et lui-même essaya les planches. Puis il se fit auteur dramatique, il fit jouer quelques pièces, mais sans grand succès. Et c’est à cause des difficultés qu’il rencontrait à faire éditer ses œuvres qu’il chercha à les imprimer lui-même avec des procédés plus simples et moins coûteux que la typographie. C’est en 1796 qu’il découvrit la lithographie. Il essaya tout d’abord la gravure sur cuivre, procédé coûteux qui acheva de le ruiner. Le hasard lui vient heureusement en aide. Alors qu’il essayait de se servir d’une pierre, commune en Bavière, il lui advint d’y inscrire, avec de l’encre de sa composition, la note la note que venait de lui remettre sa blanchisseuse. Curieux de voir la réaction de la pierre, il passa de l’eau forte sur l’écriture et s’aperçut que la pierre se décomposait partout, sauf sur les parties touchées par l’écriture, celle-ci avait ainsi un relief sensible au toucher. Il ne restait plus qu’à perfectionner ce procédé. Il s’y mit avec un ardeur remarquable, inventa des encres, des crayons et même une nouvelle presse. Heureusement, ses efforts furent couronnés de succès. En 1799, il obtint un brevet du roi de Bavière et, en 1810, il fut nommé directeur de la lithographie royale de Munich.

Au cours des voyages qu’il effectua à Munich, Vienne, Londres et Paris, Senefelder donna une grande publicité à ce nouveau procédé, sans cependant divulguer les secrets de son art. Mais, une fois les principes connus, cette discrétion ne pouvait entraver l’essor rapide de la lithographie. Et, bien que l’inventeur n’en avait fait usage que pour l’impression de textes, ce furent surtout les artistes dessinateurs et graveurs qui s’en servirent pour la reproduction de leurs œuvres.

La lithographie, qui avait connu un grand succès en Allemagne, fut introduite à Londres et à Paris en 1807. Un Français, M. de Lasterye, s’engagea en Allemagne comme simple ouvrier lithographe, en 1814, rentra à Paris, où il fonda une imprimerie lithographique qui servit d’école pour toutes celles qui s’établirent par la suite. Cet art connut un engouement remarquable qui gagna même la cour. Les premiers imprimeurs lithographes, à Paris, furent: de Lasteyrie, Marcel de Serres, Rancourt, Vilain, Legros d’Anizy et Lemercier. Sans oublier Englman, de Mulhouse, qui perfectionna considérablement la chroma lithographie. Parmi les artistes qui s’adonnèrent au dessin lithographique, il convient de citer Carle et Horace Vernet, Géricault, Prudhon, Girodet et Nicolas Charlet. Même les plus grands, comme Ingres et Delacroix, se laissèrent séduire par la pureté de grain de la pierre de Solenhofen.

Ce qui inquiète nos maîtres imprimeurs dans le procédé lithographique, c’est la facilité avec laquelle il est possible de “reporter” un certain nombre de modèles sur une même pierre, augmentant ainsi considérablement le rendement de l’impression. Il y a là également une source de concurrence, au moment où une crise générale paralyse l’industrie et le commerce en Belgique.”

(pp.173-175) “Nous avons signalé l’origine et les premières applications d’une invention remarquable: la lithographie. Les applications de cet art, à une époque où la publicité était encore à peu près inconnue, n’en avaient pas permis un grand développement industriel. La plupart des entreprises n’occupaient qu’un nombre restreint d’ouvriers, les artisans formaient la partie essentielle de la profession. Ces conditions ne permettaient pas de rassembler ces travailleurs dans une association professionnelle, d’autant moins que, parmi eux, sévissaient le particularisme et l’exclusivisme professionnel; chaque spécialiste protégeant jalousement les secrets de son métier. Entre les dessinateurs, les pressiers, les ponceurs et les aides existaient des rivalités soigneusement entretenues par les patrons.

Pourtant, à différentes reprises, et notamment à partir de 1852, à l’occasion de la convention sur la contrefaçon, qui les touchait gravement, les ouvriers lithographes firent des tentatives d’association, mais sans résultat durable. Il faut attendre l’année 1877 pour les voir réunis à l’”Hôtel de Vienne”, rue Sainte-Anne, établissement tenu par le compagnon Ed. Myncke, chef d’atelier du département lithographique de l’imprimerie Mertens.

Les raisons de l’inquiétude des lithographes se trouvent dans l’évolution technique des modes de production, qui fut toujours le grand catalyseur du mouvement syndical. Les presses mécaniques et les machines à vapeur refoulaient systématiquement les pressiers vers le chômage, sans espoir de retour. Et un patron avait même poussé le raffinement jusqu’à prélever sur le salaire de ses ouvriers des amendes destinées à financer la modernisation de son matériel. Devant cette menace de la transformation industrielle de la profession, les petits patrons croyaient pouvoir unir leur destin à celui des ouvriers. Et c’est ainsi que cette réunion constitutive de la société lithographique fut tenu sous la présidence de M. Goossens, patron imprimeur.

Mais c’est rare qu’un premier essai réussisse et celui-ci ne fut pas plus concluant.

Quelques mois plus tard, une nouvelle tentative réunit un comité de sept membres: les compagnons Jean Schack, L. Beyls, J. Dailly, Ed. Geves, Ed. Myncke, E. Hoguet et H. Haen. Il fut convenu que la Société Lithographique serait accessible seulement aux ouvriers. Le sentiment de classe avait dominé. Et une cinquantaine de confrères répondirent à l’appel des organisateurs. Le compagnon Schack fut le premier président de la Société. Il semble qu’à l’origine, la Société Lithographique n’avait d’autre but que de soulager ses malades, au quels elle accordait une indemnité journalière de 2 francs.

Il ne fallut pas attendre longtemps pour que l’expérience démontrât l’insuffisance de cette forme d’assistance. En 1879, l’imprimerie Mertens, qui avait été mise à l’index pas l’Association typographique, lors du mouvement des salaires de 1877, annonça son intention de diminuer les salaires des lithographes. Heureusement, un arrangement amiable put se faire sans exposer nos camarades à une lutte pour laquelle ils n’étaient pas armés. Une caisse de résistance fut créée, et cette garantie de soutien encouragea beaucoup les ouvriers à ne pas laisser empiéter sur leur droits.

La première manifestation de la Société Lithographique date du 12 septembre 1882, elle concerne le revèlement du salaire de 7 à 8 francs par jour. Mais aucune action n’est entreprise pour réaliser cette augmentation, sinon la recommandation qui est faite aux membres de ne plus accepter de travail au-dessous de ce minimum. C’est au cours de la même assemblée que des mesures sont prises afin de réduire la formation de la main-d’œuvre, en remplaçant les tireurs de feuilles et les margeurs par des femmes.

La Société Lithographique devait nécessairement subir l’empreinte profonde des contingences sociales et politiques au milieu desquelles elle était née. Or, cette période se caractérise par une intense agitation politique qui visait à abaisser les barrières légales qui empêchaient les travailleurs d’exercer leurs droits civiques. L’Internationale Ouvrière déployait une grande activité pour implanter des racines profondes dans les masses laborieuses. C’était l’époque de la création des ligues ouvrières, des coopératives, comme celle de la Boulangerie du Peuple et des Pharmacies Populaires; de grandes grèves, comme celles qui suivirent la catastrophe minière de Frameries, où 123 mineurs trouvèrent la mort, après une agonie atroce; des grandes manifestations, comme celle de mars 1886, qui ensanglantèrent toute la Wallonie, au cours desquels l’armée et la gendarmerie couchèrent de nombreux cadavres à coups de fusils. C’était encore l’époque où Alfred Defuisseaux lança son fameux “Catéchisme du Peuple”, dont l’influence sur les masses ouvrières fut considérable. C’était, enfin, le moment choisi par le Parti Socialiste pour tenter de grands efforts afin d’attirer à lui les organisations ouvrières, jusqu’à abandonner son titre pour celui de Parti Ouvrier.

Il était inévitable que la jeune association ne demeurât pas insensible à des appels aussi pathétiques. Aussi, dès le mois de février 1886, une assemblée décida l’affiliation au Parti Ouvrier, ce qui ne manqua pas de créer de sérieux désaccords entre les membres.

Tout comme l’avait fait, trente ans plus tôt, l’Association typographique, les lithographes portèrent leurs efforts en province, où ils réussirent à organiser leurs confrères.”

(pp.206-207) “Nous avons vu que d’autres groupes professionnels de la Fédération du Livre de Bruxelles avaient témoigné de l’impatience au moment où les typographes soumettaient leur projet de tarif, au mois de juillet 1909. Seules, des raisons de tactique avaient motivé les conseils de modération, et les résultats obtenus dans le secteur le plus important de l’industrie graphique confirmaient la justesse de ces conseils. Néanmoins, dès le 26 octobre, l’Association des Lithographes avait adressé un cahier de revendications aux patrons. Il contenait l’essentiel des principes primitivement retenus par les typos, notamment la journée de neuf heures et le salaire hebdomadaire. Il devenait évident pour tous les patrons de l’industrie graphique, qu’il seraient saisis de revendications semblables pour chacune des branches professionnelles. Et il leur parut plus favorable d’en discuter sur le plan général plutôt que de subir une offensive ouvrière en cascade. C’est la raison pour laquelle, sans doute, les patrons lithographes se dérobèrent aux négociations.

Plutôt que de recourir au conflit, le Conseil Général suggéra de généraliser la revendication de la journée de neuf heures. Il obtint des lithographes un délai pour consulter les maîtres imprimeurs. D’un premier contact, il apparut que les patrons étaient disposés à entamer des pourparlers sur la base de la journée de neuf heures. Il obtint des lithographes un délai pour consulter les maîtres imprimeurs. D’un premier contact, il apparut que les patrons étaient disposés à entamer des pourparlers sur la base de la journée de neuf heures et d’un relèvement général des salaires, mais ils demandaient le retrait des revendications des lithographes, notamment celle du salaire hebdomadaire.

Ce furent également des raisons d’opportunité qui engagèrent l’Association des Lithographes à remettre la réalisation de certains principes à plus tard et permettre ainsi la conclusion d’un accord dont tous les travailleurs du livre devaient tirer le plus grand avantage. N’est-ce pas là une manifestation admirable de l’esprit de solidarité?

Les pourparlers peuvent ainsi s’engager avec les groupements patronaux. Et un accord se faisait sur les bases suivantes:
1° La durée de la journée normale des ouvriers lithographes, ainsi que les ouvriers, ouvrières et apprentis de l’industrie du livre, est fixé à neuf heures de travail effectif sans collation;
2° Le minimum de salaire est fixé comme suit:
lithographes (conducteurs, transporteurs, essayeurs) 67 centimes l’heure;
ponceurs 45 - -
brocheuses 33 - -
relieurs 55 - -
margeuses 33 - -
clicheurs 65 - -
3° Tous les lithographes, ainsi que tous les ouvriers et ouvrières de la branche du livre, auxquels la journée de neuf heures sera appliquée, recevront, quel que soit le montant de leur salaire actuel, une augmentation suffisante pour qu’ils aient la même paye en neuf heures qu’en dix;
4° Amélioration du régime et du taux des surcharges;
5° Application du nouveau tarif à partir de 2 mai 1910, expiration, fin décembre 1913;
6° Mis à l’étude d’un contrat collectif et d’un règlement de l’apprentissage.”

Posted by PVL - May 18, 2008

comments (0)pic

Zien
Horen
Lezen
Doen